Qu’à cela ne tienne

Aujourd’hui, j’étais partie pour écrire un article couture sur une blouse qui m’a donné du fil à retordre et qui au final me déçois un peu. La patte de boutonnage sur le devant qui est de travers y est pour beaucoup!

Et puis, en écrivant, je me suis rendu compte que je me forçais. Que j’avais fait de cet(te) article/revue un devoir. Les photos ne me plaisaient pas: la blouse était fripée par endroit et le derrière de la manche retourné par mégarde.

Qu’à cela ne tienne j’ai décidé que l’article d’aujourd’hui serait destiné aux belles choses et à quelques réflexions qui me réjouissent.

J’ai quand même envie de montrer une réalisation couture qui me fait plaisir à chaque fois que je la porte.  

C’est la robe longue, dans un tissu fluide (avec des fleurs de préférence) que j’imaginais que les princesses portaient quand j’étais enfant. Le dessus de manche est bien galbé et la finition froncée sur l’avant-bras donne un air délicat et doux au vêtement.

Pour la réaliser, j’ai hacké le patron de la bouse Sally d’AnnaRosePatterns. J’ai coupé une taille au-dessus de la mienne afin de faire des coutures anglaises. J’ai recoupé le top (entre 5 et 10 cm). J’ai formé un tube avec les deux pans de tissu qui allaient former la jupe, j’en ai froncé le dessus et je l’ai fixé au top en faisant des coutures anglaises. Pour finir, j’ai passé un élastique (de même longueur que mon tour de taille) de 5mm dans le tunnel formé par la couture anglaise.

Mais là n’est pas l’intérêt de cette robe. Ma grande joie avec elle, c’est qu’elle est le fruit d’un travail calme et patient. D’un moment paisible.

J’ai lu hier, dans un livre de Catherine Poulain, un des personnages qui disait qu’il fallait parfois laisser du temps à notre âme pour nous rattraper. Eh bien, cette robe c’est exactement cela. Les quelques heures que j’y ai consacré ont permis à mon âme de me rattraper.

Nous marchons si vite dans nos vies (en tout cas moi). Que nos âmes nous courent après sans relâche. Pourtant j’ai l’intuition que c’est seulement lorsque nous sommes alignés corps et âmes que nous pouvons vraiment goûter à ce qui est essentiel dans cette vie. J’ai beau le savoir, essayer de le pratiquer, souvent, je me laisse avoir par une course infernale que je m’impose.

Parfois, nous trouvons le temps d’attendre le temps, au fond d’un jardin, dans une clairière ou dans un atelier de couture. Parfois, la vie me le souffle tout doucement, alors je lui consens, parfois, je la repousse froidement et je m’en trouve amoindrie. Comme si l’importance des choses n’étaient plus ce qu’elles étaient. Pour beaucoup d’activités (notamment dans le métier que je pratique), lorsque quelques problèmes me coincent, il me faut à plusieurs reprises me dire « ce n’est pas grave » et aller prendre l’air pour lâcher prise.

L’objet de mes pensées ou les soucis ont pris une telle ampleur, qu’ils me cachent l’essentiel.

Je me suis couchée dans l’herbe hier. Après avoir clôturé les divers projets de la journée, allongée dans une prairie, j’ai aperçu des pâquerettes. De près, j’ai pu les regarder. Et me rendre compte qu’elles sont simplement belles parce qu’elles sont. De l’être pur, simplement lui et simplement parfait et présent. Sans s’agiter, sans penser, elles sont. On devrait tous commencer par là, je crois.  

Porte de grange munie d'un cœur

Quand nous nous laissons aller à être, j’ai le sentiment que le champ des possibles est décuplé, que le moindre détail et la beauté qui nous entoure nous sautent aux yeux. Bref, que ça vaut la peine :).

Belle fin de semaine et beau week-end,

Marie

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