Mots doux du vendredi #2 – Blouse Vikky

Au vendredi les mots doux…

Quelques mots tendres pour finir doucement la semaine. Avec le soleil sont revenus vents et lumière. 

Rencontre vocale

Étrange expérience. Sans détail, j’ai accepté un remplacement dans une école pour donner cours à distance et accompagner jusqu’à la fin de l’année des étudiants jamais aperçus. En découle l’expérience de rencontre par la voix.

Sans images ou presque. Les webcams brièvement allumées pour évincer l’inconnu, nous avons commencé les cours seulement avec le son.

Jours après jours, j’ai associé les voix aux prénoms, aux intonations les traits de personnalité. Chaque manifestation étant voulue, elle est aussi soupesée, la confiance et la bienveillance sont de mises. Nous ne pourrions avancer sans elles.

Au fur et à mesure, les voix deviennent familière, et elles prennent forme, même si je ne peut les voir. Une belle expérience de rencontre, d’appréhension de l’autre sans filtres sociaux et parasite esthétique.

Couture

Pour changer complètement de sujet, c’est encore un patron de l’atelier AnnaRosePatterns qui a fait ma joie cette semaine. Véritable coup de cœur au premier regard. J’ai cousu une version marinière à capuche dans tissu à rayures roses de l’atelier-53

La blouse donne un air de marin, du style de ceux qui naviguent loin. La capuche fait beaucoup et la version courte permet de garder, tout de même, une silhouette un peu féminine. C’est lors d’une balade au bord de la Semois que j’ai pu la prendre en photos. Les canards invités à rester ne font que confirmer le thème de la pièce.

J’avais envie de parler de cette pièce car c’est le premier travail pour lequel j’ai fait une toile (i.e. j’ai fait une version d’essai avant d’utiliser mon beau tissu).

Comme je l’entends souvent, le temps est une denrée rare chez nous, il ne m’est jamais arrivé d’en avoir assez que pour faire des toiles de mes projets. Mais celui-ci me tenait tellement à cœur que j’y ai consenti. À raison… La confection de la toile fut un vaste échec.

J’ai été mise face à l’imperfection dont je suis capable. 

Imperfection

Ou mon pire ennemi jusqu’il y a quelque temps.

Elle est partout, dans cette version préliminaire de mon vêtement, dans le travail, dans les relations avec les autres,…

Avant, elle me gênait. Et puis, en y regardant de plus près, je me suis rendu compte qu’elle était là pour m’apprendre. Une fois acceptée, elle est précieuse pour continuer sur le chemin emprunté. La paix qui suit l’acceptation d’un échec est sans équivoque et peut servir de marche pied. 

Personne n’est jamais parfait et c’est sans doute ce qui révèle la beauté et la particularité de chacun. Nos imperfections nous rendent humains et nous confrontent à nous-même.

Rien n’est parfait et les indésirés dans nos résultats sont comme les marques de fabrique, les touches personnelles ou les empreintes laissées par ceux qui les ont modelés.

C’est le chemin qui est beau. Si tout était parfait, qu’on se le dise, on s’ennuierait.

Et puis, le seul voyage, la seule échappée possible, c’est de changer de regard.

Je suis heureuse de la deuxième version de la blouse, même si j’ai trébuché sur d’autres manipulations. J’ai pris tellement de plaisir à la coudre que tous les petits défauts qu’elle présente me réjouissent et me font méditer sur une possible prochaine confection.

Belle fin de semaine et beau week-end.

Marie

Ce texte est publié sous la licence cc-by-sa.

Cet article a 2 commentaires

  1. chevalier solène

    C’est superbe Marie !
    Tu as une manière de faire des liens entre ce que tu fais de tes main et ce qui anime ton âme… c’est très beau. Et très agréable à lire!
    Solène

    1. Marie

      Merci beaucoup! 🙂

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